Issu de la petite noblesse protestante, pauvre, il doit travailler : il fait son apprentissage à Saint-Vallier et devient tailleur.
Il doit quitter le Dauphiné et aller en Navarre. Il rencontre Henri de Navarre, le futur Henri IV, à Agen qui le prend comme chaussetier de ses écuries, puis il devient, en 1566, tailleur-valet de chambre du roi de Navarre[2]. Puis, en 1576, il est « marchand en l’argenterie » et chargé de la fourniture de l’argenterie du même roi. Il s’initie probablement à ce moment au commerce des étoffes de luxe, des passements d’or et d’argent. En 1579, le roi doit à son fournisseur 483 491 livres. Il dut emprunter l’argent pour ses affaires qui n’étaient payées par le roi en assignats et rentes. Dans un mémoire, il écrivit qu’il leva « la boutique d’argenterie du roy, et emprunta pour cela plus de deux cents mille escus soit à Paris, Lyon, Tours, etc., et en 1601, il ne devait plus que mille cinq cents escus, ayant tout payé, mesme les intérêts, et ayant fait ces emprunts parce qu’il voulait satisfaire à son superbe entendement qu’il pensoit avoir ». Ces rentes n’ont pas été aussi bonnes et il fut poursuivi par ses créanciers et mis en prison pour dettes. Henri de Navarre, devenu roi de France, le sortit de ce mauvais pas.
Il était aussi le fournisseur des étoffes de soie. Dans cette fonction il va s’apercevoir que les produits de luxe sont tous importés et que les achats conduisent à des sorties importantes d’or du royaume. Dès 1585, il avait réfléchi au moyen de ne plus dépendre de l’étranger. Ce passage en prison lui a probablement donné le temps d’y repenser. L’avènement du Béarnais sur le trône va le sortir de l’anonymat.
Jean Profit nous raconte ici l’importance du ministre de Henri IV.







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